Pourquoi penser l’aménagement du jardin dès l’implantation de la maison ?
Conseil de jardinage

Pourquoi penser l’aménagement du jardin dès l’implantation de la maison ?

Mis à jour le 12 min de lecture

Lorsqu’on fait construire une maison, les premières réflexions portent généralement sur la surface habitable, le nombre de chambres, l’orientation du séjour ou encore l’emplacement du garage. Le jardin arrive souvent dans un second temps, une fois le bâtiment terminé.

Pourtant, la qualité des espaces extérieurs dépend en grande partie de décisions prises bien avant les premières plantations.

La position de la maison sur la parcelle influence directement la surface du jardin, son exposition au soleil, les circulations, l’emplacement d’une future terrasse, les possibilités de plantation ou encore la création éventuelle d’une piscine.

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La maison et le jardin doivent former un seul projet

Une maison n’est pas simplement un bâtiment posé au milieu d’une parcelle.

Son implantation crée automatiquement plusieurs espaces extérieurs : une entrée, un jardin principal, des passages latéraux, une zone de stationnement et parfois des espaces techniques ou plus intimistes.

Quelques mètres de différence dans la position du bâtiment peuvent ainsi complètement modifier l’organisation du terrain.

Une maison implantée très au centre de la parcelle risque par exemple de fragmenter les espaces extérieurs en plusieurs petites zones difficiles à aménager.

À l’inverse, une implantation réfléchie peut permettre de conserver une grande surface de jardin d’un seul tenant.

Avant de figer le projet, il est donc utile de réfléchir simultanément au plan de la maison et à l’usage futur du terrain.

Réserver suffisamment d’espace pour le jardin principal

Toutes les surfaces extérieures n’ont pas la même valeur d’usage.

Une bande de terrain étroite située entre une façade et une clôture compte dans la surface totale de la parcelle, mais elle ne permettra pas forcément d’installer une terrasse, une grande pelouse ou un espace de jeux. Dans cette configuration étroite, installer des massifs contre un mur, comme des iris, reste souvent une solution élégante.

L’objectif consiste généralement à préserver une zone suffisamment large et régulière pour devenir le véritable jardin de la maison.

Selon les besoins des occupants, cet espace pourra accueillir :

  • une pelouse ;
  • des massifs ;
  • des arbres ;
  • un potager ;
  • une terrasse ;
  • une piscine ;
  • un espace de jeux ;
  • une cuisine extérieure ;
  • un salon de jardin.

Il est donc intéressant de réfléchir aux usages envisagés avant même le début du chantier.

Un propriétaire souhaitant disposer d’un grand jardin paysager ne fera pas nécessairement les mêmes choix d’implantation qu’un propriétaire privilégiant une grande terrasse et un extérieur nécessitant peu d’entretien.

Tenir compte de l’exposition au soleil

L’orientation joue évidemment un rôle important dans l’aménagement d’un jardin.

Certaines zones profiteront du soleil pendant une grande partie de la journée alors que d’autres resteront davantage à l’ombre de la maison.

Cette information peut influencer l’emplacement de la terrasse, mais également le choix des végétaux.

Une zone très ensoleillée pourra accueillir certaines plantes appréciant la chaleur et la lumière, tandis qu’un espace situé au nord du bâtiment nécessitera une sélection végétale différente.

L’ombre projetée par la maison évolue également au cours de la journée et des saisons.

Avant de décider où installer un massif important ou une terrasse, il est donc intéressant d’observer la course du soleil et la manière dont le bâtiment modifiera l’ensoleillement de la parcelle.

Anticiper la future terrasse

La terrasse constitue généralement la transition entre l’intérieur et le jardin.

Son emplacement mérite donc d’être pensé dès le plan de la maison.

Une terrasse directement accessible depuis le séjour ou la cuisine sera généralement plus facile à utiliser au quotidien. Elle permettra de prendre les repas à l’extérieur sans multiplier les déplacements.

Mais l’accessibilité n’est pas le seul critère.

Il faut également considérer :

  • l’exposition ;
  • les vents dominants ;
  • les vues depuis la parcelle ;
  • la proximité du voisinage ;
  • l’ombre créée par le bâtiment ;
  • la forme du terrain.

Une terrasse exposée au soleil toute la journée peut par exemple devenir inconfortable pendant les périodes les plus chaudes si aucune protection solaire n’est prévue.

À l’inverse, une terrasse constamment ombragée pourra manquer de lumière durant certaines périodes de l’année.

Penser à l’aménagement extérieur avant de positionner définitivement la maison

L’organisation du jardin doit donc intervenir suffisamment tôt dans la réflexion.

Le choix de l’implantation de la maison sur le terrain conditionne notamment la répartition des espaces extérieurs, les accès, l’orientation du bâtiment et la place qui restera disponible pour les futurs aménagements paysagers.

Il peut être utile de représenter dès cette étape les principaux éléments souhaités sur un plan simplifié :

  • maison ;
  • garage ;
  • terrasse ;
  • stationnement ;
  • arbres existants à conserver ;
  • future piscine ;
  • abri de jardin ;
  • potager ;
  • espaces de circulation.

Cette vision globale permet parfois d’identifier immédiatement des problèmes qui auraient été beaucoup plus compliqués à résoudre après la construction.

Préserver les beaux arbres déjà présents

Un terrain destiné à recevoir une maison n’est pas toujours vide.

Il peut comporter des arbres adultes, des haies ou d’autres végétaux déjà bien implantés.

Lorsqu’ils sont en bonne santé et compatibles avec le projet, certains de ces éléments peuvent apporter immédiatement du caractère au futur jardin.

Un arbre adulte représente notamment un avantage difficile à reproduire rapidement avec de nouvelles plantations.

Il peut offrir :

  • de l’ombre ;
  • une présence végétale importante ;
  • davantage d’intimité ;
  • un intérêt esthétique ;
  • une intégration plus naturelle de la maison dans son environnement.

L’implantation du bâtiment peut donc parfois être ajustée pour préserver les sujets les plus intéressants.

Il faut toutefois conserver suffisamment de distance entre les constructions et les végétaux selon leurs caractéristiques et leur développement futur.

Organiser les accès sans sacrifier tout le jardin

L’accès des véhicules est un autre élément structurant de la parcelle.

Entre le portail, l’allée et l’espace de stationnement, une surface importante peut rapidement être consacrée à la voiture.

Une mauvaise organisation peut conduire à créer une longue allée traversant une grande partie du jardin.

Lorsque la configuration du terrain le permet, regrouper les accès et les espaces de stationnement peut aider à préserver une zone végétalisée plus importante.

Les circulations piétonnes doivent également être prises en compte.

Depuis le portail jusqu’à l’entrée de la maison, mais aussi entre le garage, la terrasse et le jardin, les cheminements doivent être pratiques et lisibles.

Ils pourront ensuite être intégrés au projet paysager avec différents matériaux : pas japonais, gravier, pavés, pierre ou dalles.

Ne pas oublier les espaces techniques

Tous les équipements extérieurs ne sont pas décoratifs.

Une maison nécessite souvent plusieurs installations ou espaces techniques qu’il vaut mieux prévoir dès le départ.

Il peut s’agir notamment :

  • des poubelles ;
  • d’un abri de jardin ;
  • du rangement des outils ;
  • d’un système de récupération d’eau ;
  • d’équipements techniques ;
  • d’un espace pour stocker le bois ;
  • d’un composteur ;
  • d’un étendoir extérieur.

Ces éléments sont indispensables au quotidien mais ne doivent pas nécessairement occuper les zones les plus visibles du jardin.

Une implantation réfléchie permet de créer des espaces plus discrets, éventuellement masqués par une haie, un claustra ou des plantations.

Prévoir suffisamment tôt une éventuelle piscine

Même lorsqu’une piscine n’est pas prévue immédiatement, il peut être pertinent d’envisager son emplacement potentiel.

Une construction positionnée sans tenir compte de cette évolution future peut rendre le projet beaucoup plus compliqué.

La piscine nécessite non seulement la surface correspondant au bassin, mais également des espaces périphériques permettant de circuler et de profiter de l’installation.

Son emplacement doit aussi rester cohérent avec la terrasse et les pièces de vie.

Dans beaucoup de projets, la relation entre séjour, terrasse, piscine et jardin constitue d’ailleurs l’un des principaux axes de l’aménagement extérieur.

Prévoir cette possibilité dès la conception permet de conserver une zone adaptée même si le bassin n’est réalisé que plusieurs années plus tard.

Utiliser la végétation pour créer de l’intimité

La construction d’une maison implique également de réfléchir aux vues depuis et vers la parcelle.

Les fenêtres du voisinage, une route ou certains espaces publics peuvent nécessiter la création de zones plus protégées.

La végétation permet alors de structurer progressivement le jardin.

Une haie bien positionnée, des arbustes persistants ou quelques arbres peuvent créer des écrans naturels tout en étant plus agréables visuellement qu’une succession de clôtures opaques.

L’objectif n’est pas nécessairement d’entourer complètement le terrain.

Quelques plantations placées aux endroits stratégiques peuvent suffire à protéger la terrasse ou les principales ouvertures de la maison.

Il est donc utile d’identifier les vis-à-vis dès le départ.

Exploiter les différences de niveau

Un terrain en pente est parfois perçu uniquement comme une contrainte.

Pourtant, lorsque son relief est correctement exploité, il peut permettre de créer un jardin beaucoup plus intéressant qu’une parcelle parfaitement plate.

Plusieurs niveaux peuvent donner naissance à :

  • une terrasse haute ;
  • un jardin inférieur ;
  • des escaliers paysagers ;
  • des murets ;
  • des restanques ;
  • des massifs sur plusieurs hauteurs.

À l’inverse, vouloir systématiquement rendre l’ensemble du terrain parfaitement horizontal peut nécessiter d’importants mouvements de terre.

Le projet paysager doit donc chercher à tirer parti de la topographie existante plutôt qu’à la combattre systématiquement.

Prévoir les plantations en fonction de leur taille adulte

Lorsqu’un jardin vient d’être créé, les végétaux paraissent souvent petits et espacés.

La tentation peut être grande d’en planter beaucoup pour obtenir rapidement un résultat dense.

Mais les arbres et arbustes évoluent.

Un végétal correctement positionné doit disposer de suffisamment d’espace pour atteindre sa taille adulte sans gêner les façades, les circulations ou les autres plantations.

Cette anticipation est particulièrement importante pour les arbres.

Il faut réfléchir à leur développement futur, à leur ombre, mais aussi à leur relation avec la maison et les différents aménagements.

Un jardin réussi ne doit pas seulement être agréable au moment de sa création. Il doit pouvoir évoluer harmonieusement pendant de nombreuses années.

Organiser le jardin par usages

Pour faciliter la conception, il peut être utile de considérer le jardin comme une succession de zones ayant chacune une fonction.

Par exemple :

La zone d’accueil
Elle correspond au portail, à l’allée et à l’entrée de la maison. Elle donne la première impression de la propriété.

La zone de vie
Elle comprend généralement la terrasse, le salon extérieur et éventuellement la cuisine d’été.

Le jardin d’agrément
Pelouse, plantations, massifs et arbres composent l’espace principalement destiné au plaisir visuel et à la détente.

La zone familiale
Elle peut accueillir les jeux des enfants ou une grande surface dégagée.

La zone productive
Potager, arbres fruitiers et plantes aromatiques peuvent être regroupés dans un endroit bénéficiant de conditions adaptées.

La zone technique
Elle permet de conserver les équipements pratiques à proximité sans qu’ils occupent les espaces principaux.

Cette organisation rend le jardin plus facile à utiliser et donne davantage de cohérence à l’ensemble.

Un projet paysager anticipé coûte souvent moins de compromis

Penser au jardin dès la construction ne signifie pas nécessairement réaliser tous les aménagements immédiatement.

Le projet peut parfaitement être effectué progressivement.

La première année peut être consacrée à la terrasse et aux circulations. Les plantations peuvent ensuite être ajoutées au fil des saisons, puis un potager ou d’autres équipements dans un troisième temps.

L’essentiel consiste surtout à conserver les bonnes possibilités.

Si l’espace pour une future terrasse, une piscine ou un arbre important a été prévu dès l’origine, chaque nouvel aménagement pourra s’intégrer naturellement au projet général.

À l’inverse, une parcelle mal organisée oblige souvent à multiplier les compromis.

Penser le paysage avant même le premier coup de pelle

Le jardin ne devrait donc pas être considéré comme la dernière étape d’un projet de maison.

Orientation du bâtiment, position sur la parcelle, accès, niveaux du terrain et ouvertures influencent directement ce que deviendront les espaces extérieurs.

Réfléchir suffisamment tôt au paysage permet de préserver les meilleures zones du terrain, d’améliorer les relations entre intérieur et extérieur et d’anticiper les futurs usages.

La réalisation des plantations peut attendre plusieurs mois, voire plusieurs années. En revanche, certaines décisions prises au moment de la construction seront beaucoup plus difficiles à modifier par la suite.

Concevoir ensemble maison et jardin constitue ainsi l’une des meilleures façons d’obtenir un extérieur cohérent, fonctionnel et agréable à vivre sur le long terme.

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